Il y a quelque jour que je veux t'écrire. Mais les mains tremblantes, je ne parviens pas à aligner les mots. Cependant, noyée par les sanglots, je relève la tête. Comme tu me l'a appris avec ton immense sagesse.
Il y a exactement 116 jours, on m'annonça l'impossible, l'incrédule, l'inadmissible. Depuis, j'ai eu ma période mélancolique, en passant par la déprime et la rage. Le temps me nargue. Il m'enlève le son de ta voix, les images de notre amitié. Il est comme le cancer. Il n'attend pas. Il se dépêche de tout détruire, de tout effacer. Car le temps aussi, c'est une maladie. Tout arrive... Et après tout est trop tard, finalement.
Je me revois arriver à l'hôpital, plusieurs fois. La porte qui claque, des marches montées et connues par coeur, des couloirs familiers. Je revois la largeur de ton sourire quand tu m'apercevais à travers la vitre.
Je me souviens de nos discussions, des puzzles qu'on faisait durant l'après midi. Il y avait aussi les parties de jeux vidéos, que toi seul parvenais à gagner.
" - On joue à la Wii?
- Heu.. tu veux vraiment me battre c'est ça? J'suis nulle, j'te préviens."
Éclat de rire dans la chambre.
" -J'ai gagnéééééééé.
-C'est bien ce que je te disais. Je suis vraiment nulle. Mais je veux quand même une revanche!"
Les revanches s'enchainaient aux fils des heures. Mais rien à faire. Le battant entre nous deux, c'était bel et bien toi. Dans toutes les situations.
Les heures défilaient à une vitesse affolante. Le moment de partir arrivait. Il y a même ce jour où tu m'as dit :
Tu y avais pensé.. Prête à pleurer, tes yeux m'en ont empêché. Je ne me permettais jamais de pleurer devant toi. C'est toujours après, que je m'étouffais de larmes. Savais-tu vraiment à quel point je tenais à nos moments?
J'en ai voulu au monde entier d'avoir détruit nos liens. Je lui en veux toujours autant. A certaines personnes, plus que d'autre. On m'a dit de pardonner. Mais c'est impossible contre les inhumains. Les jours de pluie, je me suis souvent surprise à sortir pour crier ton nom. Les larmes se mêlant à ceux du ciel, accroupie sous le manque, j'ai quand même essayer d'avancer.
Aujourd'hui, même sous le poids démesuré de la douleur, je te pense et apprend à vivre avec ton absence. C'est difficile. Ça fait mal. Mais la cicatrice se referme quelque peu, grâce à Lui. Il te ressemble un peu, c'est assez drôle par moment. Il m'apporte joies et amour, de jours en jours. J'ai la douce maladie du c½ur désormais. Je l'aime, et je voulais que tu le saches. Tu aurais été heureux de mon bonheur. J'en suis persuadée. Tu étais toujours le premier à être enthousiasme pour moi. Quoi que je fasse. Je suis certaine que tu aurais aimé le connaitre. Sa façon de voir les choses t'aurait plu.
Je sais qu'il me faudra du temps pour guérir complètement. Mais pour le moment, je n'en ai pas l'envie.


